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Revue attoungblan

Éditorial

Il est des noms qui sont des programmes. En choisissant de baptiser notre revue Attoungblan, nous avons fait un choix qui n’est ni folklorique, ni anecdotique.

L’Attoungblan, ce tambour parleur Akan, membranophone à double voix – le mâle au ton grave, la femelle au ton aigu – n’est pas un simple instrument de musique. Il est, comme le rappelle la tradition, le premier média. Avant l’écrit, avant le numérique, il portait la parole du village au village, annonçait, alertait, rassemblait. Il est communication, mémoire et savoir.

C’est exactement la mission que nous assignons à cette revue.

Dans un contexte où la science africaine est trop souvent sommée de se justifier, de publier ailleurs pour exister, de penser avec les concepts des autres pour être audible, Attoungblan veut être une rupture tranquille mais ferme.

Une rupture épistémologique d’abord. Oui, nous revendiquons un ancrage africain des savoirs. Non pas pour nous enfermer, mais pour partir de ce que nous sommes. Nos langues, nos cosmogonies, nos expériences sociales, nos crises et nos résiliences sont des terrains légitimes de théorisation. L’Attoungblan nous rappelle que l’Afrique a communiqué, conceptualisé et transmis bien avant la bibliothèque coloniale.

Une exigence scientifique ensuite. Ancrage ne signifie jamais complaisance. La Revue Attoungblan est une revue à comité de lecture, interdisciplinaire, ouverte aux sciences humaines et sociales, aux sciences de la communication, aux lettres, à l’histoire et aux sciences de l’éducation. Nous serons intransigeants sur la rigueur méthodologique, l’originalité, l’éthique de la recherche et la qualité de l’argumentation. Faire résonner le tambour, ce n’est pas faire du bruit ; c’est produire un son juste, qui porte loin.

Une ambition de dialogue enfin. Le tambour parleur ne parle jamais seul. Il appelle une réponse. Nous voulons que cette revue soit ce carrefour : entre chercheurs chevronnés et jeunes doctorants, entre le Nord et le Sud, entre l’Université et la Cité. En libre accès, elle se veut fidèle à l’esprit du tambour : un savoir qui circule, qui n’est pas confisqué.

Ce numéro que vous tenez entre vos mains en est la preuve vivante. Par la diversité de ses contributions, par la qualité des plumes qui l’ont nourri, il dit que la recherche ivoirienne et africaine est debout, féconde et exigeante.

Nous remercions notre comité scientifique et de lecture, nos auteurs qui nous ont fait confiance, et nos lecteurs, sans qui ce son ne serait qu’un écho dans le vide.

Que l’Attoungblan résonne.

Bonne lecture à toutes et à tous.